La Police judiciaire portugaise (PJ) a annoncé la saisie de plusieurs valises contenant près de cinq millions d'euros en espèces à l'aéroport militaire de Figo Maduro, à Lisbonne. L'opération a eu lieu dimanche matin, à l'arrivée d'un vol en provenance de Bissau, capitale de la Guinée-Bissau.
Selon les autorités portugaises, l'argent appartiendrait à Tito Gomes Fernandes, présenté comme un proche collaborateur de l'ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, récemment déstitué dans un contexte politique encore instable. Le suspect a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits présumés de contrebande et de blanchiment d'argent.
Une opération déclenchée par un renseignement anonyme
Dans un communiqué officiel, la Police judiciaire précise que l'enquête a été lancée à la suite d'un signalement anonyme. Les enquêtes, menées avec l'administration fiscale portugaise, se sont poursuivies toute la nuit ainsi qu'aux premières heures de la matinée.
Le suspect, décrit comme un ressortissant étranger, transportait environ cinq millions d'euros en liquide, dissimulés dans plusieurs valises. Aucun justificatif légal de provenance des fonds n'aurait été présenté au moment du contrôle.
Un vol au statut
Autre élément troublant relevé par les enquêteurs : l'appareil avait initialement été déclaré comme un vol militaire, avec une destination annoncée vers Béja, dans le sud du Portugal. Or, les autorités ont constaté par la suite que la nature réelle du vol ainsi que son itinéraire différaient des informations communiquées aux services aéronautiques.
Cette discordance a renforcé les soupçons autour de l'opération, dans un contexte où les vols à caractère officiel ou diplomatique font l'objet d'une vigilance accumulée en Europe, notamment en matière de flux financiers illicites.
Présence de l'épouse de l'ex-président à bord
D'après des informations relayées par la télévision publique portugaise RTP, l'épouse de l'ancien président Umaro Sissoco Embaló se trouvait également à bord de l'avion. Elle n'a toutefois pas été interpellée, aucune charge n'ayant été retenue contre elle à ce stade de la procédure.
Présentation devant la justice
L'arrêté suspect doit être présenté à un juge dans le cadre d'un premier interrogatoire judiciaire. À l'issue de cette audience, des mesures coercitives, notamment une détention provisoire ou un contrôle judiciaire, pourraient être décidées.
Cette affaire intervient dans un contexte régional marqué par des tensions politiques récurrentes en Guinée-Bissau, un pays régulièrement cité dans les rapports internationaux pour sa vulnérabilité aux réseaux de trafics et de blanchiment. Les autorités portugaises indiquent que l'enquête se poursuit, notamment pour déterminer l'origine exacte des fonds et d'éventuelles ramifications internationales.
Denis Ngoma
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