La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, disputée entre le Sénégal et le Maroc, a consacré les Lions de la Téranga au terme d’un match intense et indécis. Mais au-delà du sacre sénégalais, cette rencontre restera surtout marquée par une succession de décisions arbitrales contestées, de tensions sur et en dehors du terrain et par l’ouverture d’une enquête officielle de la Confédération africaine de football (CAF).
Une affiche de prestige pour conclure la CAN 2025
L’opposition entre le Sénégal et le Maroc cochait toutes les cases d’une finale idéale. D’un côté, un Sénégal champion d’Afrique sortant, fort de son expérience et de son vécu dans les grands rendez-vous. De l’autre, un Maroc hôte de la compétition, porté par un public acquis à sa cause et par une dynamique ascendante confirmée depuis plusieurs années sur la scène internationale.
Le stade, comble, offrait un décor à la hauteur de l’événement. L’enjeu était double : conserver le titre pour les Sénégalais ou inscrire un nouveau sacre continental à domicile pour les Lions de l’Atlas.
Un match fermé, tendu et tactiquement disputé
Sur le terrain, la finale a rapidement pris la forme d’un duel tactique. Le Sénégal a misé sur son impact physique, sa rigueur défensive et sa capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Le Maroc, fidèle à son identité, a privilégié la maîtrise du ballon, la circulation rapide et l’occupation rationnelle de l’espace.
Les occasions franches ont été rares dans le temps réglementaire. Les deux défenses ont longtemps pris le pas sur les attaques, traduisant l’importance de l’enjeu et la prudence des deux camps. À mesure que les minutes s’égrenaient, la tension est montée, aussi bien sur le terrain que dans les tribunes.
Le tournant du match : une décision arbitrale contestée
Le moment clé de la rencontre intervient dans les dernières minutes du temps additionnel. À la suite d’une action litigieuse dans la surface sénégalaise, l’arbitre de la rencontre, Jean-Jacques Ndala, fait appel à l’assistance vidéo (VAR). Après consultation, un penalty est accordé au Maroc.
Cette décision provoque une réaction immédiate et virulente du camp sénégalais. Les joueurs contestent longuement, estimant que la faute est inexistante ou insuffisante pour justifier un penalty à ce stade du match. La tension atteint son paroxysme lorsque plusieurs joueurs sénégalais quittent brièvement la pelouse en signe de protestation, avant d’être ramenés à l’ordre par leur encadrement et par leur capitaine.
Le penalty, finalement exécuté, est manqué par le tireur marocain. Un échec qui maintient les deux équipes à égalité et pousse la rencontre vers la prolongation, dans une atmosphère déjà électrique.
La prolongation et le but du sacre sénégalais
Ébranlé par cet épisode mais toujours en course, le Sénégal fait preuve de résilience en prolongation. Plus entreprenants, les Lions de la Téranga parviennent à faire la différence grâce à un but inscrit au terme d’une action collective aboutie.
Ce but libère le banc sénégalais et plonge le camp marocain dans la stupeur. Malgré une dernière tentative de réaction, le Maroc ne parvient pas à revenir au score. Le coup de sifflet final consacre le Sénégal, qui remporte ainsi son deuxième titre continental.
Des scènes de tension après le coup de sifflet final
La fin du match ne marque pas la fin des tensions. Sur la pelouse, des échanges verbaux houleux éclatent entre joueurs, membres des staffs techniques et officiels. Dans les tribunes, des incidents sont également signalés, nécessitant l’intervention des forces de sécurité.
Ces scènes, largement relayées par les médias et sur les réseaux sociaux, ternissent l’image d’une finale pourtant très attendue. Elles alimentent surtout le débat sur la gestion de la rencontre et sur le rôle de l’arbitrage dans un match d’une telle importance.
La réaction ferme de la CAF
Face à l’ampleur de la polémique, la Confédération africaine de football publie rapidement un communiqué officiel. L’instance continentale condamne les comportements jugés inappropriés observés lors de la finale, notamment à l’encontre du corps arbitral et des officiels de match.
La CAF annonce l’ouverture d’une enquête disciplinaire afin de faire toute la lumière sur les incidents survenus, tant sur le terrain qu’en dehors. Cette enquête pourrait déboucher sur des sanctions visant des joueurs, des membres de staffs ou des responsables fédéraux.
Réactions contrastées des camps sénégalais et marocain
Côté sénégalais, la victoire est célébrée, mais avec une certaine retenue. Les responsables de la sélection mettent en avant le mérite sportif de l’équipe et sa capacité à rester concentrée malgré un contexte hostile et une pression extrême.
Au Maroc, la déception est immense. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’arbitrage et l’usage du VAR, jugés décisifs dans le scénario du match. L’encadrement marocain regrette surtout que la finale se soit jouée sur des décisions controversées plutôt que sur le seul plan sportif.
Une finale qui relance le débat sur l’arbitrage en Afrique
Au-delà du résultat, cette finale Sénégal – Maroc relance un débat récurrent dans le football africain : celui de la qualité de l’arbitrage et de l’utilisation du VAR lors des grandes compétitions. Si l’assistance vidéo est censée réduire les erreurs, son interprétation continue de susciter incompréhensions et frustrations.
Pour de nombreux observateurs, la CAN 2025 aura atteint un niveau organisationnel et sportif élevé, mais cette finale polémique rappelle que des progrès restent à faire pour renforcer la confiance autour des décisions arbitrales.
Un sacre, mais une image écornée
Le Sénégal inscrit son nom au palmarès de la Coupe d’Afrique des nations et confirme son statut de référence du football africain. Toutefois, cette victoire restera indissociable d’une finale sous haute tension, marquée par la controverse.
Alors que la CAF poursuit ses investigations, cette rencontre restera comme l’une des finales les plus discutées de l’histoire récente de la CAN, symbole à la fois de la compétitivité croissante du football africain et des défis qui persistent dans sa gouvernance.
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