Réunie à Rabat, à la veille du match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc, la Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé deux réformes majeures qui vont profondément modifier le paysage du football africain : la CAN ne se jouera plus tous les deux ans et une Ligue des nations africaine verra le jour à partir de 2028. Des décisions saluées par certains, mais vivement contestées par d’autres acteurs du football continental.
La CAN bientôt organisée tous les quatre ans
C’est une rupture historique. Après plus de six décennies d’existence, la Coupe d’Afrique des nations s’apprête à changer de rythme. Organisée, sauf rares exceptions, tous les deux ans depuis sa première édition en 1957 au Soudan, la compétition continentale sera désormais programmée tous les quatre ans.
Cette annonce a été faite samedi 20 décembre 2025 à Rabat par la Confédération africaine de football, en marge de la CAN organisée au Maroc. Pour l’instance dirigeante, il s’agit d’une réforme structurelle destinée à moderniser et renforcer la compétitivité du football africain.
Une Ligue des nations africaine dès 2028
Autre annonce majeure : la création, à partir de 2028, d’une Ligue des nations d’Afrique, inspirée du modèle européen mis en place en 2018. Cette nouvelle compétition réunira les sélections nationales africaines durant les fenêtres internationales.
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a justifié cette initiative par la nécessité de mieux organiser le calendrier international.
« Nous voulons garantir une meilleure synchronisation du calendrier international afin que les meilleurs joueurs africains puissent, chaque année, être en Afrique pendant la fenêtre internationale, dans le cadre de cette nouvelle compétition, la Ligue des Nations africaine », a-t-il déclaré.
Les objectifs affichés par la CAF
À travers ces réformes, la CAF entend répondre à plusieurs enjeux :
alléger le calendrier international jugé trop dense ;
améliorer la disponibilité des joueurs évoluant dans les grands championnats étrangers ;
renforcer l’attractivité commerciale et sportive des compétitions africaines ;
aligner davantage le football africain sur les standards internationaux.
Selon ses promoteurs, une CAN quadriennale offrirait une meilleure préparation des équipes et une organisation plus structurée de l’événement.
Des critiques et inquiétudes dans le football africain
Ces annonces ne font toutefois pas l’unanimité. Plusieurs voix s’élèvent déjà contre cette réforme, notamment parmi certains dirigeants de fédérations, observateurs et supporters.
Parmi les principales critiques :
la crainte d’une perte de visibilité pour la CAN, qui rythmait régulièrement la vie sportive africaine ; un impact économique potentiel pour certains pays, pour qui la CAN représente une opportunité fréquente de retombées financières et touristiques ;des interrogations sur la capacité des sélections modestes à bénéficier réellement de la future Ligue des nations africaine.
D’autres estiment que l’espacement de la CAN pourrait réduire les chances de certaines générations de joueurs de disputer la compétition phare du continent.
Un tournant historique sous surveillance
Si la CAF présente ces réformes comme une évolution nécessaire, leur mise en œuvre sera scrutée de près. Entre ambitions de modernisation et résistances internes, le football africain s’engage dans une nouvelle ère dont les effets réels ne pourront être mesurés qu’à long terme.
Une chose est certaine : la CAN, pilier du sport africain, s’apprête à vivre l’un des plus grands tournants de son histoire.
@Medias Streams/KOYOKA FM
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