La police judiciaire portugaise a annoncé, mardi 16 décembre, la mise en examen de Dinisia Reis Embalo, épouse de l’ancien président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo. Elle est soupçonnée de contrebande et de blanchiment de capitaux dans une affaire portant sur le transport de cinq millions d’euros en espèces saisis à Lisbonne.
Une interpellation à l’aéroport militaire de Lisbonne
L’affaire trouve son origine dans une opération menée le dimanche 14 décembre à l’aéroport militaire de Figo Maduro, à Lisbonne. Alertée par une dénonciation anonyme, la police judiciaire portugaise a contrôlé un jet privé en provenance de Bissau.
À bord de l’appareil se trouvait notamment Tito Fernandes, présenté comme le chef de protocole de l’ancien président bissau-guinéen renversé. Les enquêteurs ont découvert dans ses bagages près de cinq millions d’euros en espèces. Soupçonné de contrebande et de blanchiment de capitaux, il a été interpellé à son arrivée, avant d’être remis en liberté. Les fonds, en revanche, ont été saisis par les autorités portugaises.
Mise en examen de l’ex-première dame
Selon la police judiciaire, la mise en examen de Dinisia Reis Embalo est directement liée à cette opération. L’ex-première dame se trouvait dans le même avion que Tito Fernandes, dont la destination finale devait être Dubaï, selon l’agence de presse portugaise Lusa.
Les autorités portugaises précisent que les poursuites engagées à son encontre portent sur des soupçons de contrebande et de blanchiment de capitaux, sans communiquer davantage de détails à ce stade de la procédure judiciaire.
Umaro Sissoco Embalo hors de Guinée-Bissau
Depuis son renversement, l’ancien président Umaro Sissoco Embalo a quitté la Guinée-Bissau. Selon plusieurs sources concordantes, il aurait d’abord trouvé refuge à Dakar, avant de séjourner à Brazzaville. Il se trouverait actuellement au Maroc.
Réactions de la société civile
Cette opération judiciaire est saluée par certaines organisations de la société civile bissau-guinéenne. Le Frente Popular, notamment, y voit un signal fort envoyé à l’opinion publique. Son coordonnateur, Armando Lona, dénonce ce qu’il qualifie de « régime au service du crime organisé » et estime que cette mise en examen marque une étape importante dans la lutte contre l’impunité.
L’enquête se poursuit au Portugal, où les autorités judiciaires cherchent à établir l’origine exacte des fonds saisis et les responsabilités individuelles dans cette affaire.
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